Veni, Vidi, "Scribi"

mercredi 22 octobre 2008

La minute "grouin"

Dans un futur proche, j'aurai créé ma revue militante. Une revue qui vous dira tout sur comment survivre dans un monde socialement inadapté aux faces de grouins que nous sommes (moi et les quelques rares grouins que se cachent pour survivre). Cette revue ventera les mérites des faces de grouins à travers le monde. Le nom de cette revue sifflera à travers les oreilles toujours trop égarées, de la société, standardisée et aquilaine: Le Drozophile engagé. Ce nom tremblera dans les librairies, les boîtes aux lettres, les bibliothèques et sur RERO. Chaque mois, un édito signé par une face de grouin montante. Chaque mois, des milliers de lecteurs, puis des millions, puis on finira par surprendre la Terre entière rêvant au grouin qu'elle n'aura jamais. Un grouin, signe incontestable de différence, de qualités. Un grouin, qu'on fera venir jusqu'à Hollywood, et qu'on moulera sur un trottoir de l'allée des stars. Un grouin, qu'on prendra comme modèle dans les pubs pour Triophan. Et puis, viendront les défilés de grouins par Versace, Prada et on ira organiser des castings à travers les plus prestigieuses porcheries du monde. Je créerai Grouin Inc., leader mondial du vêtement pour nez. Puis, suivront les séries télés avec NCIS: Narine's Collective Infection Sinusaïte et Un Monde de Poil, émission éducative que l'on dédiera aux peuples de grouins d'ici et d'ailleurs. On viendra de loin pour prier le Grouin de pierre, étrange édifice érodé sous les forces de la nature et ressemblant étrangement à un nez de lepreux. La chanson "Il faut que tu respires" sera le tube de ces 10 prochaines années et ma mère, sera canonisée sous le nom de Madre Gjuñio, mère porteuse du premier grouin de l'histoire et de tous les autres grouins de ce monde.

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Label vital

La Belle dont on ne parle jamais. La Belle avec qui on vit. La belle vie.

Sans elle, la pluie n'est jamais rien d'autre que la pluie, mais lorsqu'elle est là, la pluie, c'est le changement, la fraîcheur des journées qui palpitent au rythme de gouttes d'eau sur nos vêtements. Elle et moi sous la pluie, Boulevard de la Cluse, un coin de Paradis gris, un coin de rue humide, nos pas colorés sur le sol, elle en direction du job et moi en direction "d'elle". Je tiens la route, depuis trois ans, oui, je tiens la route. Je l'aime, elle m'aime. Il n'y a sous ces mots aucune question, aucun orage, rien d'autre qu'un ciel sans couleur,qui ne demande qu'à être peint. Je l'accompagne, je la suis. C'est un peu elle qui me traine, comme toujours, dans le dédalle genevois; un coup au Boulevard Carl Vogt, un coup devant le Starbucks à Rive, au fond du bus 6 direction Charmilles. On ne perd jamais de temps lorsqu'elle me prend la main. On ne perd jamais le nord non plus. On se surprend surtout calmée et rassurée par cette paume tiède qui se presse contre la nôtre. Toutefois, il arrivera que l'on se perde vers le sud, le temps d'un voyage, sac au dos, billets en main, des voyages initatiques à travers des cultures, un voyage initiatique à travers son regard, d'un bleu nouveau sous le soleil du pays.

Elle, c'est un peu moi, en bien mieux. C'est l'obstination sur le bien-être qu'offrent nos vies d'étudiantes. C'est l'amour exclusif, fusionnel et secret au grand damne des couples libres. C'est le portrait d'un jeune érudit d'Utrecht que Vermeer s'était acharné à enjoliver et à perfectionner sous les gestes impitoyables de son pinceau voilà presque quatre siècle. Je ne vous parle pas ici des qualités que le héros de la Bible a données à la Belle en matière d'analyse et de réflexion; un puit sans fond de finesse et d'esprit. Je ne vous cache pas l'aimer un peu pour ça aussi et je pense que vous vous passerez bien de la description de mon regard rivé sur les exploits intellectuels de celle-ci. Nous voici déjà loin du Boulevard de la Cluse, à quelques mètres de son travail. Le déchirement est proche, le déchirement se fait sentir, comme une petite brûlure prenant sa source au fond de ma gorge et envahissant petit à petit tout l'intérieur de mon cou. Elle s'en va travailler et moi je m'en vais l'attendre. Je vais me figer jusqu'à ce soir et me rendre, ainsi amorphe, à mes cours de géo, comme un rituel mécanique. Je vais pianoter en mode auto-pilote les mots qui me seront adressés à moi, ainsi qu'aux quelques autres géographes, sur le clavier de mon ordinateur. Je vais l'attendre comme on attend la nuit pour aller faire la fête.

Je vais l'attendre, la Belle dont je n'avais jamais parlé. La Belle avec je vis. La Belle vie.

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lundi 20 octobre 2008

La mort fait partie de la vie... et si c'était l'inverse?

Je me suis réveillée ce matin les pieds dans la boue. Je n'ai pas compris si j'avais sombré dans une sorte de folie profonde ou simplement qu'on avait emporté la voiture et qu'on reviendrait me chercher dans peu de temps. Je n'ai pas compris comment mes genous se sont enfoncés si droitement et profondément dans la terre. Non, je n'ai rien compris, si ce n'est que la journée était déjà bien avancée. Et puis, il y a eu ces pensées: la route, le feu rouge, le bitume sec et ma tête s'écorchant sur sa texture granuleuse et brûlante. Un goût de sang dans la gorge et mes articulations se brisant sous le choc. Je me souviens... mon esprit asphixiant sous la douleur.

Je n'ai pas cru que tout avait fini si vite et que du siège de ma Honda, je me retrouverais soudainement ici, à l'air frais du souffle divin. Je suis bloquée dans le néant, comme un arbre dans le désert, comme une mouche sur la toile collante de l'imposante araignée, qui guette au loin. Je suis le rien parmi le rien, un point sur une carte qu'on n'a jamais déchiffrée. Je peux bien me débattre. Je peux bien mobiliser toute ma force. Je peux bien essayer. Mes pieds restent immobiles dans cette épaisse vase noircie par l'ombre de ma silhouette projetée sur le sol. Mes genous se crispent, au gré de ma volonté, sous le poids de la terre pataude.

Je crois pourtant encore pouvoir revenir parmi vous. Vous qui m'aimez, vous en qui je crois. Oui, je crois en Toi. Je crois en vous. Je crois que je vous entends pleurer. Et voilà qu'il se met bientôt à pleuvoir sur ma tête. Le déluge sur mon esprit vaincu. Je suis toujours là, dans la pénombre d'une nuit qui ne finira pas, je le sens. Pourtant, on m'attend encore ici-bas, mais je suis seul, bien seul, face à la pire des ennemies; Solitude, crève-coeur sur Terre, bourreau du ciel. Alors, c'est ça? Je vais crever ici, dans cette masse qui ressemble à de la merde. Je vais crever et vous ne pleurerai déjà plus mon absence. C'est donc ça le Paradis? c'est ça qu'on trouve derrière le tunnel, la lumière blafarde? ...un champ de boue? Les jambes étranglées dans un tas de terre trempée? Où est donc passé ma seconde chance, celle qu'on accorde aux maladroits de la vie? J'ai 27 ans et encore trop de force pour laisser mon âme se diluer dans la terre.

Solitude de merde, tu m'écorches jusqu'aux larmes. La mort n'accorde donc aucun répis.

J'ai froid maintenant... mon sang abandonne petit à petit mes deux membres emprisonnées. J'ai froid et les questions fusent; Où sont les autres? Grand-mère, Tante Suzette, Warhol et Saddam? Suis-je la seule âme au Firmament? Où peut-être la seule en Enfer... Dans ce cas, l'Enfer c'est tout... sauf les autres, puisqu'ici, il n'y personne.
Je voudrais mourir, mourir vraiment... cesser de respirer, ne plus penser. Laisser moisir ma conscience sous cette pluie. Ma conscience qui illustre et analyse ces cruels souvenirs de 27 années d'existence. 27 ans, 3 mois et 8 jours encastrés dans un garde-fou sur la cantonale un samedi matin. Puis, les pompiers, la police, l'ambulance, la télé et mon corps désarticulé dans cette cage de feraille. La chair déchiquetée sèchant sur le sol et puis de délicates mains pour les ramasser, la dernière attention que l'humanité me portera. Mon corps dans des sachets plastics bleus, mon sang lavé à coup de karcher. Un brouhaha de quelques heures, un article de 90 caractères dans la tribune locale, des coups de fils à la famille, à l'être aimée, au meilleur ami. La délicate annonce par une voix inconnue et monocorde. L'instant de douleur. Les esprits qui s'égarent dans des pourquois sans voix. Je suis mort. Définitivement mort, même si le préciser constitue un pléonasme. Je suis mort... Enfin, je respire, mais ça vous ne le saurez jamais. Je respire, empêtré dans un néant brunâtre. Je suis bien là, la poitrine gonflée d'air. Mon corps est entier, car mon ombre sur la terre réelle... du moins je le crois.

J'attends. Je ne sais plus depuis combien de temps à présent. Des semaines? des mois? Mon coeur bat toujours, mon corps est toujours chaud, mais j'ai si froid. Miracle du Paradis ou malédiction punitive? Mes yeux battent encore, mes lèvres sont toujours humides de salives et cela semble si irréel. Mes membres humides ne pourrissent pas. Alors voilà, j'attends. J'attends tout ce qui ne viendra jamais. Comme un fou, j'attends la minute d'après et celle qui la suite, arrivant de plus en plus lentement il me semble. J'attends la nuit, puis le jour. J'attends que le vent change de direction. J'attends ou je n'attends plus. Fou, je crois que je le suis.
Je dessine des formes avec mes mains parfois. Je dessine les visages humains et familiers de mes proches, maintenant si éloignés- Ces êtres qui m'ont aimé et que j'essaye de ne pas oublier. Parfois, je touche mon propre visage pour ne pas m'oublier, perdre le peu de réalisme et d'humanité qu'il me reste. Oui, je suis fou depuis le temps... Je vis sans eau, ni nourriture, sans espoir et sans rêve. Et pourtant je vis! Je vis comme une fiction éternelle. Je vis et je vivrai toujours. Pour toujours! Ce mot m'est insupportable à présent. Il signifie l'absolu, l'inconnu, tout ce que la mort a de plus grotesque. "Pour toujours"... personne, sur Terre, n'aurait idée de prendre cette expression au mot, car elle n'a en effet pas lieu d'être parmi la vie. Rien n'est éternel sur Terre, pas même l'Amour, rien. Seul les enfants se laissent bercer par cette croyance, cette belle illusion de croire que les copains, c'est éternel, maman, c'est à jamais, l'enfance, c'est pour toujours, d'où cette étrange nostalgie que nous ressentons lorsque l'heure n'est plus à l'insouciance et que les premiers signes pubères viennent troubler notre engouement coloré pour la vie. Aujourd'hui, je crie lorsque les mots "pour toujours" viennent se heurter à mon esprit. Je crie et parfois je pleure sous des grimaces crispées et convulsives. Je vis ce qu'on croit impossible ici-bas. Le cauchemar ultime de l'infinie torture, le mal infligé sempiternellement. Je me débats dans cette boue qui ne sèche jamais malgré la pluie qui disparaît. Je n'ai plus de nerfs, ni de cheveux. Je les ai arraché un par un pendant une semaine, peut-être deux... je les ai arrachés et observés un à un. J'en ai même goûté quelques-uns. Chacun d'eux avait un goût très singulier et j'aimais entendre leur racine croquée sous mes dents, comme du sable se retrouvant parfois malencontreusement entre nos dents faute d'une salade mal lavée et essorée.Mais très vite, j'ai pris peur quand j'ai remarqué que je n'aurais bientôt plus de cheveux et qu'il faudrait me trouver une autre occupation. J'ai alors pleuré sans larmes d'une voix rauque et stridente, pendant longtemps, quelques heures peut-être plus. J'ai hurlé comme un animal qu'on torture sans réserve. J'ai prié aussi. J'ai prié celui qui est sensé tout pardonner, nous accompagner partout, nous soutenir et parfois nous exhaucer. J'ai prié jusqu'à m'écorcher la peau, sentir la douleur vibrer sous les élans de cet air inconnu qui me porte depuis maintenant un mois, peut-être deux... depuis trop longtemps.

Souvent, je repense à ma vie...  je repense à l'accident, si j'avais pu l'éviter. Eviter ce coup de volant fatale, qui m'a coûté non seulement ma vie, mais mon intégrité et mon humanité. A présent, j'attends la mort, concept qui n'existe pas sur ces Terres. Je vous l'affirme, la mort n'est pas un état, c'est un Etat. Un territoire sur lequel, je suis comme un arbre mort. Mes jambes ne formant à présent qu'un tronc immobile. Elles sont entières, rigides, rosées, comme-ci je vivais toujours. Je crois encore ressentir la douleur vive de mes genous se brisant sous la compression de la taule, mes cris au rythme des chocs de ma voiture qui culbute. Je crois encore ressentir la vie coulant dans mes veines. Je le crois encore... je le croyais...   

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samedi 13 septembre 2008

Idieut

Dieu, mon cher Dieu, tu t'es trop fâché. J'en ai ri derrière ma fenêtre à te regarder fendre le ciel. Je sais ce que j'ai fait. Je connais mon erreur. Mais crois-moi, commettre l'irréparable n'est pas si insupportable qu'on le pense. J'ai marché dans la boue toute la nuit et mes bottes crottées, je les ai laissées devant ma porte. A quoi bon traîner mon malheur entre mes murs?

Dans la chambre de ma mère, tu m'épies figé dans un cadre imitation "or 24 carats". Dieu, ne me regarde pas ainsi, je t'aime. Je t'aime pour la vie que tu m'as donné, moins pour les dérapages que tu me fais payer. Tu n'es rien d'autre qu'un agitateur dans mon existence, mais je t'y accepte, un peu parce que tu es tout seul, un peu par dépit.

Je porte mes mensonges comme des trophées et traîne les pleurs que je provoque comme le voile d'une jeune mariée. Oui, je commets bien l'irréparable lorsque, devant mon écran, je tape les adresses qui font honte à la société. Tu es le digne témoin de mes agissements, le digne voyeur, juste derrière mon épaule, les yeux fixé sur l'écran. Vieil homme, friant du péché, tu effaces mes crimes, tel un procureur corrompu. Et à chaque fois, je me retrouve face à un tableau blanc, prête à l'encrasser, sous tes yeux effrayés. Tu espères encore et toujours... Changer les gens... si seulement c'était facile...
L'espoir fait vivre, mais toi tu es mort, alors quoi? Tu as trop espéré? Trop prié à la redemption des autres et oublié la tienne. Aujourd'hui, tu graves ta peine sur de lourds nuages de larmes et moi j'expire mon bonheur sur un careau de fenêtre. Cherche l'erreur...

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Madonna - Voices

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jeudi 21 août 2008

Recherche conseiller cérébral

3 questions sur du papier recyclé. Une seconde de silence, une minute de lecture, 1h58 et 59 seconde de calvaire. Ainsi se déroule ma vie le temps d'une matinée. Cherche pas les embrouilles, elles sont là dans ta tête, bien là et je le sens... ça pue la merde. Ca pue la nuit mal achevée. Ca pue la volonté baillante. Le temps ne laisse pas de répis, je ne le sais que trop bien et pourtant, il y a 4 jours encore, je regardais mon jeudi droit dans les yeux. T'es qu'une pauvre ignorante qu'il a bien dû ce dire le con. Ce putain de jeudi de merde qui devait arriver trop vite, me foncer dessus jusqu'à me percer l'esprit. J'ai comblé la fuite à midi sur un coup de fil salvateur à Doud-e.

Je suis en rupture cérébrale. Mais qui consulter? Il n'est personne qui puisse comprendre quelque chose d'aussi étranger et abstrait à la pensée. Mon cerveau n'est qu'une grosse boîte bien vide où s'accumule le gâchis d'un par coeur mal appris. Mal de coeur, marre de lui. Je passerais bien dans ce grand magasin suédois m'acheter quelques étagères. Construire dans ma tête, les quelques compartiments qui sauveront ma peau des flammes de l'enfer. Le corps en plein feu des rattrapage. Le corps, oui, mais pas le coeur.
Oui à la réussite, non à l'effort! Quelle belle rêverie que d'y croire! Pauvre bougre que d'y penser, ne serait-ce que l'espace d'une seconde!

Cerveau creux ou heures creuses en surplus? Ferme tes yeux, creuse un trou un peu comme tu creuserais ta tombe, plonges-y la tête, ça y est, tu la pratiques la politique de l'Autruche! Que c'est affreux de savoir que la bêtise n'est qu'à un pas de la réussite, qu'on la frôle chaque jour jusqu'au jour où, elle nous pousse à l'excès. Tu trébuches et ça y est, tu tombes bien bas. Oui, de l'échec, encore de l'échec, toujours l'échec.... et avec ça, vous prendrez quoi? ... un 2, peut-être un 3.

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The way I are (Axwell remix)

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jeudi 14 août 2008

Green... is the new black

Une mâchoire osseuse, saillante, où tous les doutes se posent et l'on n'a alors que faire du reste du monde. On voudrait plus. Un morceau de chair pâle, dévoilé aux yeux du monde. Je dis bien pâle, car habituellement recouverte de tissu. Une courbe interdite gardée par une pudeur indigeste.  A mes yeux et à ceux des connaisseurs.

D'iris en iris, j'ai trébuché dans le noir. Et puis, je suis tombée sur toi, le coeur dans des éclats de "vert". Le chat de la voisine... ou toi, c'est un peu pareil. Après tout, tout est dans le regard.

La mise à mort de mes principes pour toi et par toi n'aura donc pas suffi, puisque ce cul que tu caches, sous tes vêtements, sous mes yeux, sous tes aires de petite conne amoureuse, ne m'est connu ni d'adam, ni d'Eve.

Je te toucherais bien du bout de l'esprit. Je toucherais bien, c'est promis.

Ta bouche affable épelle des mots que je crois comprendre en me penchant discrètement vers toi. Entre la théière de Chine et ton verre de thé fumant, je te vois glisser lentement ta main droite. C'est toujours quelques mètres de moins entre l'impossible et moi. Face à toi, j'écoute attentivement les syllabes qui s'échappent dans l'air que tu expires en silence. C'est bien là la seule chose que je partage avec toi, en dehors de ce thé au goût amer. Tu ne me laisses rien. Tu ne sais rien de tout ce qui se déroule sous tes yeux. Le feu qui me ravage le bas du ventre, le sang qui frappe mes tempes à la vue de ton large col en coton qui glisse et de cette épaule que tu exposes accidentellement au soleil. Tu ne sais pas. Entre deux gorgées de thé, tu poursuis ton monologue innocent et j'aperçois de temps à autre ta langue, venant irriser le rosé de ta lèvre inférieure. Ton thé ne fume plus, mais ta main droite s'est encore approchée un peu et redessine à présent, du bout des doigts les reliefs de la théière. Tu ne me regardes jamais. Je sais que le soleil est bien plus beau et que tes mots sont lancés comme des fléchettes à ta proie sans le besoin du moindre regard. Mais connais-tu seulement la fraîcheur de l'ombre de mes yeux? D'y tremper ton âme ne te fera pas t'y noyer. Ce charbon ne te tâchera pas le coeur, crois-moi. Toi tu m'as déjà sali de tes pupilles hagardes et de toutes ces pensées interdites qui s'écrasent contre mes murs de mon esprit troublé chaque matin à mon réveil. Tes émeraudes m'ont arrachée l'amour et ont tissé cette attirance entre toi et moi, allant de moi à toi. Je me suis mise au vert et suis devenue esclave de tes attentions absentes, de tous ces regards que tu m'accordes pas, de l'entier de ce corps, où j'ai longtemps laissé erré mes doigts en songe. Du vert au noir, il n'y a pourtant qu'un misérable ton. De tes yeux à mes yeux, il n'y a qu'un chemin. Entre toi et moi, cette table, ces couverts, cet air, n'existent pas. Entre toi et moi, je pense que je suis amoureuse de tes yeux, mais ça, tu ne le sauras pas. 

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M. Jampanoï reste la plus belle...

The Ting Tings - Be The One

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Vie de merde...

Putain d'exas de merde! En plein été, il est 3h du mat et moi je cherche comment capter la chaîne National Geographic par le net en HD. C'est toujours dans les moments critiques qu'on trouve mieux à faire. C'est pathétique! A dire vrai, pour vous faire part de mes doutes, je suis actuellement plongée dans villes et aménagement du territoire, petit dossier de 70 pages, qui va me rendre folle... je suis à la page 24... depuis ce matin. Oui, parce qu'il faut que je vous précise encore qu'entre deux, il y a eu une partie de SOCOM sur play2, le dîner à préparer, secret story à mater, mes deux heures de sport, une conversation pour refaire le monde avec ma copine... et puis voilà... il est 3h du mat'. J'assure pas.... vraiment pas.

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mardi 15 juillet 2008

Amour sablé

A la personne qui ne cherchera plus l'amour, mais le kidnappera... ces mots te sont soufflés sans jugement... Juste parce qu'à chaque jour son inspiration, aujourd'hui, ces lignes pour toi et pour tous les autres qui ont, un jour, dans la tempête, perdu le nord.

les_amantsUn jour, un soir, une année, une âme se donne... au diable ou à l'amour, au fond, c'est un peu pareil: on place son coeur saignant entre les mains de quelqu'un et on ferme les yeux en espérant qu'au creux de ces paumes, il batte encore un peu... et pourquoi pas plus fort. C'est entre les mains de l'amant qu'on voit ainsi, parfois, naître un destin. Donne-moi ta vie, je te donnerai la mienne. Puis viendra le bonheur, comme la résultante d'un partage inégalable. Au final, on donne tout, on se sacrifie et avec le temps, on donne peut-être trop... ou pas assez. L'amour demeure ainsi un étrange échange de sentiments, qu'il nous faut doser avec justesse, goutte après goutte, larme après larme.

On marche côte à côte sur des sentiers qu'on a choisis de suivre ensemble. Puis, surgissent les chemins caillouteux, pentus et ceux dont le sable s'élèvent dans des vents de fougue et nous aveuglent malgré nous. Avançons encore! Rince tes deux yeux de cette eau qui ne jaillit qu'entre nous. L'amour lavera ce sable et l'emportera loin... loin de tes yeux, loin de nos chemin, encore et encore...

[...]

Le temps s'imprime. Le couple s'en indigne, mais s'aime encore, encore plus... encore moins.

[...]

La source, un matin, n'a plus jailli.

Pourquoi? Le temps d'aimer est-il révolu? L'inquiétude des amants surgit alors: avec quoi allons-nous nettoyer nos plaies... 
Or, ce que l'un est assuré de connaître, l'autre ne le sait plus: "je t'aime, un peu, beaucoup, passionément, à la folie, je ne t'aime plus, je ne sais plus. Peut-être toi m'aimes-tu encore... encore trop? Est-ce moi qui me perds, toi qui t'enflammes de trop? Que dois-je faire? T'en parler ou me taire? Me terrer dans tes bras et attendre... Attendre dans le vide ou peut-être que la tempête passe et que mes yeux revoient ton visage comme hier encore..."

Ainsi, dans la tête de l'un... l'amour s'envole sans qu'il ne s'en aperçoive, comme la maladie qui nous dévore à notre insue. La faute à qui? A l'autre? Aux autres? A lui, l'amant incompris. Voyant l'autre crever sous les sentiments, que peut-il encore faire? Lui chanter l'amour en fausses notes? Panser ses plaies à coup de larmes, puisque d'eau, entre nous, il n'y aura plus...

"Tu m'aimes à me perdre. Tu m'aimes à nous tuer. Tu m'aimes et moi je ne sais plus." C'est ainsi qu'on éloigne les corps d'un commun accord. Un accord où le coeur de l'amoureux n'est pas consulté, car trop sourd à la douleur qu'engendre la décision. Aujourd'hui, tous deux acceptent de faire mourir le bonheur, l'étranglant avec le vide qui croît en eux et autour d'eux. Chacun prend alors sa direction. L'un libéré, l'autre affligé. Leur coeur offert, puis repris et encagé, sanguinolant et épuisé, dans la poitrine de ceux qu'on appelait les amants, ceux-là même qui ne sont plus. Sur les chemins, ensemble, on ne les croisera plus, mais eux, se croiseront souvent, seul ou accompagné. Ils chercheront l'amour... encore et ils aimeront... encore.

Tu le chercheras toi aussi. Peut-être même que tu le kidnapperas cet amour... mais tu n'oublieras pas. Car de moi ou de Zazie, je te le dis: "Ca, ça ne s'oublie pas..."

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Dreams - Goran Bregovic                                                                               Tableau: Les Amants - R. Magritt

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samedi 7 juin 2008

Traits tirés

Juin est le mois du soleil, celui qui s'encre dans vos esprits, comme sur une pellicule argentic. Ca y est c'est vraiment l'été cette fois. Les exas ne sont plus qu'une affaire classée. Le sol de Palexpo était mou lorsque je l'ai foulé ce matin. Il était mou de toutes les fatigues qui l'ont frôlé durant deux semaines. La salle d'exas, là, droit devant moi, baignée dans la lumière trop crue de l'échec et du mat. Du mat, oui et même quelque chose sans brillance au fond de leur yeux à ces profs barbares, qui nous guettent face à l'agonie. Une feuille sous les yeux, un stylo à la main, un blanc entre le sommeil et la connexion nerveuse.

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mardi 3 juin 2008

Somewhere over...

Foulant cet humus avec humilité, j'oublie les géométries acides du monde figé, celui d'où je viens, celui que je fuis, celui à qui on attribue toute l'oppulence et la puissance du monde. Le territoire portant l'aboutissement des plus grands hommes en son sein: l'Europe. J'aime l'Europe. Mais encore, qu'est-ce que l'Europe? Vous êtes-vous déjà posé la question? Qu'est-ce que cette entité que l'on appelle Europe? Certains auront en tête l'Europe politique, d'autres une vision floue de "limites" incertaines...quelque part à l'Est... puidqu'ailleurs, les eaux ont fait leur travail.

L'Europe, au fond, n'existe pas. Là où l'on s'avance à parler d'Europe, il n'y a rien qui puisse la qualifier comme telle. Il s'agit d'une illusion. Une illusion qui berne le monde depuis plusieurs siècles. Cest celui qui berce mon identité, mes valeurs, mon nom, mais où je n'ai jamais trouvé les richesses dont le monde entier parle si souvent. A vrai dire, j'ai vite compris que nous parlions pas des mêmes ressources.
Je suis née en Suisse, pays brodé d'un relief généreux, aux éblouissants détails paysagers. La Suisse, c'est, dans l'imaginaire collectif du monde entier, les banques, les coucous et le chocolat. Le citoyen suisse est, par définition, un millionaire malheureux, car doté d'un accent peu séduisant et incapable de contact social inclusif et extraverti. Son seul soutien: son argent.
L'argent, j'en ai un peu... mais on dira que j'en ai surtout besoin. C'est une richesse relative. On s'en sert pour s'acheter des vêtements, de la nourriture, un appareil photo, une vie, une formation, une place dans ce monde. L'argent demeure à la fois la cause ainsi que le résultat de la destruction de la vraie richesse, celle qu'on aperçoit dans le partage d'un thé à la menthe dans une tribu berbère. Je suis ainsi partie. J'ai fait mes bagages, emporté mes idées, observé une dernière fois Genève, paysage cristallisé dans le béton, de derrière le vitrage du terminal 13.

Je ferme les yeux. Je rêve. Un air à l'odeur de clim' glisse vers le fond de ma gorge, assèche la chair, s'engouffre dans mes entrailles et remonte par la trachée, réchauffé et humide, pour finir sa course dans l'air froid et sec de la cabine pressurisé du vol 1440B pour Miami. Dans 4h, je prendrai mon dernier avion pour voler vers la terre sacrée, capitale: San José.

Là-bas, tout meurt, tout revit. Le paysage se meut sous mes yeux au rythme de la vie. Chez moi, le vent n'a d'effet que dans les cheveux et dans le coeur. Ici, tout frissone sous les caresses du souffle du monde: les nuages s'égarent contre les volcans et les karsts brisés; les branchages des versants inondés de forêts mènent leurs vains combats face à l'air et les herbes dansent en ondulant leur tige dans les quelques plaines du centre du pays. Il n'y a ici de statique que le soleil, fixé pour toujours au zénith. Il fait chaud et dans mon coeur, je pleure. Je pleure tout ce que d'autres, derrière l'Atlantique, ne verront jamais. Je pleure ma joie. Je donne à cette terre mon eau, la vie, ma reconnaissance, des larmes.

Je foule la poussière de ce lopin d'humanité scerné par le Pacifique d'un côté et la mer des Caraïbes de l'autre. Je suis scernée. Tout est beau ici: l'océan, les rues villageoises, les paysages tropicaux et volcaniques. On ne regrette rien lorsqu'on marche sous la pluie hivernale du Costa Rica. Le soleil fait son travail, il nous redore l'esprit...

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