jeudi 14 août 2008

Green... is the new black

Une mâchoire osseuse, saillante, où tous les doutes se posent et l'on n'a alors que faire du reste du monde. On voudrait plus. Un morceau de chair pâle, dévoilé aux yeux du monde. Je dis bien pâle, car habituellement recouverte de tissu. Une courbe interdite gardée par une pudeur indigeste.  A mes yeux et à ceux des connaisseurs.

D'iris en iris, j'ai trébuché dans le noir. Et puis, je suis tombée sur toi, le coeur dans des éclats de "vert". Le chat de la voisine... ou toi, c'est un peu pareil. Après tout, tout est dans le regard.

La mise à mort de mes principes pour toi et par toi n'aura donc pas suffi, puisque ce cul que tu caches, sous tes vêtements, sous mes yeux, sous tes aires de petite conne amoureuse, ne m'est connu ni d'adam, ni d'Eve.

Je te toucherais bien du bout de l'esprit. Je toucherais bien, c'est promis.

Ta bouche affable épelle des mots que je crois comprendre en me penchant discrètement vers toi. Entre la théière de Chine et ton verre de thé fumant, je te vois glisser lentement ta main droite. C'est toujours quelques mètres de moins entre l'impossible et moi. Face à toi, j'écoute attentivement les syllabes qui s'échappent dans l'air que tu expires en silence. C'est bien là la seule chose que je partage avec toi, en dehors de ce thé au goût amer. Tu ne me laisses rien. Tu ne sais rien de tout ce qui se déroule sous tes yeux. Le feu qui me ravage le bas du ventre, le sang qui frappe mes tempes à la vue de ton large col en coton qui glisse et de cette épaule que tu exposes accidentellement au soleil. Tu ne sais pas. Entre deux gorgées de thé, tu poursuis ton monologue innocent et j'aperçois de temps à autre ta langue, venant irriser le rosé de ta lèvre inférieure. Ton thé ne fume plus, mais ta main droite s'est encore approchée un peu et redessine à présent, du bout des doigts les reliefs de la théière. Tu ne me regardes jamais. Je sais que le soleil est bien plus beau et que tes mots sont lancés comme des fléchettes à ta proie sans le besoin du moindre regard. Mais connais-tu seulement la fraîcheur de l'ombre de mes yeux? D'y tremper ton âme ne te fera pas t'y noyer. Ce charbon ne te tâchera pas le coeur, crois-moi. Toi tu m'as déjà sali de tes pupilles hagardes et de toutes ces pensées interdites qui s'écrasent contre mes murs de mon esprit troublé chaque matin à mon réveil. Tes émeraudes m'ont arrachée l'amour et ont tissé cette attirance entre toi et moi, allant de moi à toi. Je me suis mise au vert et suis devenue esclave de tes attentions absentes, de tous ces regards que tu m'accordes pas, de l'entier de ce corps, où j'ai longtemps laissé erré mes doigts en songe. Du vert au noir, il n'y a pourtant qu'un misérable ton. De tes yeux à mes yeux, il n'y a qu'un chemin. Entre toi et moi, cette table, ces couverts, cet air, n'existent pas. Entre toi et moi, je pense que je suis amoureuse de tes yeux, mais ça, tu ne le sauras pas. 

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M. Jampanoï reste la plus belle...

The Ting Tings - Be The One

Posté par Pidy à 05:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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